Ôde à l’homme qui ne connait la négation

Ô homme de négation
Joli disciple aux traits de séraphin
De ta beauté tu as subjugué cet amour juvénile
Charmé les passagers et les dames
Ta personne reste ta plus grande entrave
Hypocrisie d’une cruauté pamponnée
Des plus belles couleurs de l’arc-en-ciel

Regarde ton svelte corps
Ô homme qui ne connait la négation
Vagabonder dans les ruelles de la vie,
Portant un grand fardeau de peines
De souvenirs dont l’âme pourrait s’en passer
Marchant finement avec un cœur palpitant de grisaille.

Tu ratifies ton mauvais destin
Tel un âne baissant la tête face au maitre
Levant les vivres de tout un patelin,
Des paysages des plus hautes montagnes du Maroc
Tu baisses ta tête face à ta vérité

Crie …
Crie pauvre homme.
Crie, avant que la liberté de la voix ne te déserte
Crie,
Car il n’y a que chez toi
Que la répulsion et la jouissance font bon ménage

D’ainsi ta personne est construite
Tu es riche et indigne
Je suis pauvre et indemne

Que connais-tu de la vie ?
Un conte de fée contemplé dans les pleines lunes ?
Une prière pour le soleil qui te profane la vue ?

Qui es-tu ?
Vraiment … qui es-tu ?
Es-tu ?
As-tu jamais été ?

Je n’ai compris de tes yeux que la tristesse d’un enfant malheureux
D’un vieil homme sans défense
L’épitaphe d’une pierre tombale
Pleur mon ami, pleur …
Car tes larmes n’ont rien de royal

Je voudrais jouir en criant ton nom
Mais tu n’es qu’un simple mirage d’homme recherchant une nation

Crie et éloignes-toi de ma création
Des mots pour toi ou pour lui
Mais c’est toute une destination.

Ces destinations qui n’ont pas besoin de transports
Ou de marche
Juste l’imagination,
Sans faire attention aux abstractions

Eloignes-toi,
Pire que Belzebuth tu es,
Caché dans le corps d’un séraphin
Tel les masques de bals bourgeois
Dissimulant ce personnage que tu ne sembles connaître

Je ne suis qu’un simple homme dans mes pensées
Compliqué dans mes envies
Mais un simple homme qui n’a point besoin d’eau de vie
Pour rire des mauvais sorts de la vie

Oublie qu’un jour nous fûmes
Car du fûmes il n’y a que la fumée et les cendres de souvenirs violés

Va …
Crie …
Cours …
Pleur …
Crie et demande à l’Iran, de séparer la politique de la religion
Ce sera aussi probable que de trouver un peu d’amour et de compassion
De la part de mon corps délié

Crie et demande aux aiguilles de la montre de tourner de gauche à droite
Ce sera aussi probable que de trouver une écorce de sincérité chez
Toi
Ô homme qui ne connait l’usage de la négation
Que crois-tu que nous sommes ?
Deux pauvres humains
Incapable de dépasser les frontières de l’amour et la haine

Couvre toi,
Il n’y a plus de place pour nous


3 réflexions sur “Ôde à l’homme qui ne connait la négation

  1. Voilà un tourbillon de pensées sur le passé d’un être qui aurait normalement cheminé déjà longtemps dans la vie. Ce qui n’est pas ton cas vu ton jeune âge.

    Est-ce possible de te projeter dans un future qui te sert d’avertissement aujourd’hui contre les « mauvais sorts de la vie » ?

    En tout cas, c’est un texte qui m’a interpellé. Il m’a obligé à jeter un regard vers mon passé, ce que je ne fais que rarement. J’aime dire que je vis aujourd’hui selon la philosophie du poète romain Horace (carpe diem – cueille le jour) mais mon passé me rejoint parfois. Un passé où je récolte tantôt les fleurs et tantôt les mauvaises herbes que j’ai semées en cours de route. Un avertissement à mijoter pour celui qui fait ses premiers pas.

    « Ô homme de négation » fouille dans les profondeurs d’un aspect négatif de la vie, dont chacun de nous a fait une certaine expérience. Surtout quand on a vécu bon nombre d’années.

    Ce texte un brin poétique s’adresse à un être que tu aimes peut-être de façon parfois amère. Tu ne peux pas le nier car il existe toujours là dans ton esprit. Il te fait beaucoup réfléchir: « Deux pauvres humains incapables de dépasser les frontières de l’amour et la haine. »

    Avec ce texte, tu places tout lecteur devant son soi intérieur. C’est ce qui lui donne sa grande valeur.

  2. Ma fascination pour ce texte m’entraîne à en faire une relecture. C’est que je ne peux déceler si c’est toi qui le trahit ou si c’est lui qui te trahit. Et cette question me conduit directement au sein de la pensée de Jean Genet où l’on retrouve dans son œuvre tout entier ce conflit incessant entre l’amour et la trahison.

    Jean-Paul Sartre dans son Saint Genet comédien et martyr nous dit ceci: « on ne trahit que ce qu’on aime. […] le traître, c’est contre ses fidélités, contre ses amours qu’il s’acharne. »

    Ne laisse pas mes citations de ces grands auteurs te monter à la tête, cher Hicham. Mais ça me fait un petit plaisir malin de te placer parmi eux. Je sais d’ailleurs ton admiration pour Genet.

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