Lettre à coeur ouvert

Cher cœur,

Je suppose que c’est la première fois qu’on a une discussion. Je suis désolé que ça ait prit tant de temps. 21ans … Vingt-et-une longues années m’ont séparé de toi.

Je ne vais pas m’excuser, parce que tous mes mots n’auront aucun intérêt. Et puis de toute façon, tout ce que je ressens tu le sens. N’est ce pas ?

 

Qu’est ce que nous est arrivé ? Pourquoi nous en sommes là ? … oui, je pense que tu as raison. Tu n’y es pour rien, c’est ma faute, ça a toujours été de ma faute. De toute façon tout est de ma faute. Et tu m’en vois sincèrement désolé. Du plus profond de mon cœur, du plus profond de toi. Je sais, je t’ai repressé, je ne t’ai jamais laissé vivre si ce n’était que pour le nécessaire : me faire vivre … moi. J’ai été égoïste, je le suis toujours je pense, mais cela n’empêche que je t’aime. Je ne pourrai même pas m’imaginer sans toi. Tu es l’une des raisons qui me maintiennent en vie, au sens propre comme au sens figuré.

 

Mais pourquoi nous en sommes à la ? C’est une bonne question, tu ne trouves pas ? … Figure toi que si nous en sommes là c’est que j’ai peur de toi … oui, tu me fais peur. Toi, aussi petit que tu es et tu me fais vraiment peur. C’est certainement ce monde extérieur qui a contribué à cela, qui t’a fait passer pour une sorte de monstre du 21éme siècle, ainsi que tous les autres qui ont précédés. Ils ont dit que tout venait de toi, tu étais le tout, même pour les dessins animés tu étais le tout. Quand on a peur, notre cœur bat. Quand on est stressé, notre cœur bat. Quand est malade, notre cœur bat toujours. Le pire, (quoique venant de moi cela semblerait comme une blague) oui, le pire est que quand on aime, tu bas, fort, beaucoup plus fort qu’avant. Tu es devenu tellement important, telle une nécessité, qu’au point qu’on t’a promu : le signe de l’amour par excellence. De ta couleur on a créé ce qui est considéré comme le plus beau des sentiments. LE sentiment de référence … Oui, c’est pour cette même beauté de sentiment tu me fais peur. Alors je t’ai négligé, j’ai choisis ce que la Science a décidé, l’amour n’avait venant du cœur, tout venait du cerveau, de la chimie.

 

Alors je me suis servi de mon cerveau. Penser, penser, penser … C’est tout ce que je faisais … c’est la seule faute que j’ai commis au passé, et que je commets encore aujourd’hui. Je pense, et pour ce qui est d’entendre mon cœur ? J’ai arrêté d’y croire. Parce qu’avec le cerveau quand on commet une faute, on peut facilement se pardonner, parce que le cerveau est la raison. Et si un faux pas apparait on se dit qu’on avait quand même fait de notre mieux.

 

Mais le cœur ? Et si l’on laissait le cœur décidé ? Si je le laissais ? Si je te laissai ? Qui blâmerai-je ? Mon ignorance ?  Ma naïveté ? Le fait d’avoir préféré croire en la beauté humain ? Je te détesterai et je me détesterai … et je te négligerai. Je me trouverai bête, jeune et con de ne pas avoir su me servir de ma raison. Alors j’évite, j’évite de t’employer, pour ne pas le regretter. Pour ne pas te blâmer.

 

Mon cœur,

Tu es beau … tout ce que tu proposes est beau. Mais le suis-je ? Est-ce que je mérite tout ce qui est beau ? J’ai peur de la beauté … La beauté peut me tuer, la beauté peut me faire croire des illusions qui, n’ont aucun sens. Tu sais, on dit bien que le cœur a ses raisons, que la raison ignore. Et bien c’est justement pour ça, je n’ai pas envie d’ignorer … j’ai envie de savoir, tout savoir. Mais finissons-nous par tout savoir ? Tout apprendre ? J’en reste dubitatif, et pour me rattraper, je me dis que si j’avais choisi avec le cœur ça aurait été pire. Je me serai fait peut être dupé mais ça marche à tous les coups, et ça ne me déplait pas … pour l’instant ?

 

Ai-je raison ? Ai-je tors ? Toi … Toi, tu ne me le diras jamais. Je vais devoir te suivre, et je n’apprendrai jamais de mes erreurs … je pense ! Je pourrai te suivre, mais en te suivant je croirai en tout ce qui est joli, tout ce qui est pure. Mais comment pourrais-je croire en ce qui est beau et ce qui est pure alors que je suis déçu, chaque jour plus que la veille, parce que de la pureté on n’en voit plus, même plus dans ces TV Novelas qui sont supposés nous donner un peu d’espoir. Et de la beauté … comment pouvons-nous croire en la beauté, alors que ceux qui t’entourent s’en servent comme un poignard. Comme une façon de se venger, de se montrer … plus Hommes à cœur.

 

Mon cœur,

Aux filles on ne peut plus faire confiance. Aux garçons non plus. On a beau promettre le grand amour, on a beau chercher le bel amant. On a beau juré fidélité, amour, patience, compréhension, idolâtré, pour le meilleur et pour le pire. Au nom du Dieu, au nom de l’amour, au nom de la raison du cœur … Et regarde, tu vois le monde, le vois-tu comme je le vois ? Moi-même, qui me promet de te préserver pour la personne qui te mérite, je n’arrive pas à la trouver, et quand j’en trouve une proche de cette description, je me suffis de la repousser, d’aller voir ailleurs, parce qu’il me serait inconcevable de te donner. Pourquoi après tout ? Te perdre ? Te laisser chez l’autre ? Te briser en mille morceaux ? Te perdre ? Te perdre ? Vraiment ? Veux-tu cela ?

 

Je suis jeune, et incapable d’aimer. Je suis jeune et je ne crois pas en ton pouvoir. Pas que je ne voudrai pas … Mais j’ai peur, je te l’ai dis, je te le dis, je te le rappelle. J’ai peur. Je suis jeune, et s’il m’était donné d’offrir mon cœur je risquerai de le perdre, pour toujours … à jamais. Et pourquoi ? Je ne veux pas te perdre. Je veux te garder, avec l’espoir, qu’un jour tu me serviras … tu m’aideras à trouver l’amour. Parce que tant que je t’ai toujours en moi, pour moi, je sais que je trouverai l’amour. J’ose l’espérer … je l’espère. Donc tu restes là, pour moi, à moi.

 

Mon cœur,

De l’amour je me rends compte que je ne sais rien. Ai-je déjà aimé ? Vraiment aimer. Je sais que j’en ai pleuré, j’en ai souffert. Mais était-ce de l’amour ? Du vrai ? Parce que si c’est le cas je crois que ça n’a rien de spécial. Hormis le fait qu’on vit un grand bonheur, un sourire quotidien, une bonne raison de se réveiller le matin, une bonne raison de dormir pour rêver. Et après tout cela, quand tu as finis ton boulot et que tu nous laisse, c’est le malheur, et tout cet amour finit souvent par une haine, il s’évapore, il part, il n’existe plus, comme s’il n’avait jamais existé. Jamais … Alors pourquoi nous avoir quitté ? Pourquoi avoir existé ? Nous hais-tu ? Nous montres-tu le chemin et puis tu pars ? Mais à quoi ça servirait ? Je préférerai que tu ne me fasses pas ça … ne me fais pas ça. Et c’est pour ça, que moi, je te cache, je te garde, je te puni, je te préserverai, comme une famille musulmane du 15ème siècle le faisait pas sa fille. Parce que je ne veux pas de ce bonheur éphémère, et ce malheur qui en suit. Je ne veux pas aimer pour haïr. Et je ne veux pas d’un cœur pour agir.

Enfin … je pense !

J’ai besoin de toi … le sais-tu ?

 

Mon cœur,

A quoi sers-tu ? Tout comme à quoi servirai les fleurs si elles finissent par faner ? Et le soleil qui se lève pour finir de se coucher ? D’accoucher si l’on ne connait pas plus grande douleur ? A quoi servirait de croire en Dieu si l’on ne l’a jamais vu ? A quoi servirait de fantasmer sur le Paradis si personne n’en est jamais revenu pour tout nous raconter ? Laisse-moi répondre à mes questions. Parce que tout cela est beau … Tout cela est beau. Tout comme toi, tout comme l’amour. L’amour que tu offres, et auquel je ne crois pas. Je n’aime pas … je n’aime plus … je n’arrive plus à aimer.

Mais,
Mais,
Mais …
Mais je t’aime, cela ne te parait-il pas ironique ?

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