Lettres à un Jeune Marocain

Je n’ai pas d’articles intéressant à écrire, mais j’ai besoin d’écrire, on me reproche souvent en classe de ne pas ‘me finir’ (=autrement dit, je ne m’arrête jamais surtout de parler).

Donc ce que je me suis dis, que peut être, ce serait sympa de partager avec vous, quelques parties qui m’ont plu (mais alors vraiment plu) dans « Lettres à un Jeune Marocain ».

Je vais commencer tout d’abord avec la lettre que j’ai le plus apprécié dans le livre, et je citerai un beau passage. Il s’agit de la lettre de Mounir Fatmi : Non et Prénom

Tous ceux qui te parlent de demain, tous ceux qui te promettent un demain, n’ont rien à t’offrir aujourd’hui. Aujourd’hui, c’est tout ce qui compte. Et tu dois compter que sur aujourd’hui. Oublie ceux qui te demandent le nom de ton père. Oublie ceux qui te demandent : De qui es-tu le fils ? Car tu n’es le fils de personne. Tu es ton propre fils, tu es ton propre père. Tu es aujourd’hui. N’oublie jamais que ta seule chance, c’est de comprendre de chaque jour est aujourd’hui. Tu dois naître aujourd’hui. Vivre aujourd’hui. Comprendre aujourd’hui. Mourir et renaître chaque jour.

La création est l’ennemi des frontières. Crée, fais en sorte que ta création dépasse les frontières. Fais en sorte que ta pensé dépasse les frontières. Crée, critique, change, pare, crie. Mais n’oublie jamais que ceux qui ont crié trop fort ont perdu leur voix, et qu’i ne faut pas perdre le sens du combat. Tu sais que les choses sont impossibles de là où tu es né. Tu sais aussi que c’est de cette impossibilité que tu dois tirer ta force. L’extraire, comme on extrait l’essence d’un parfum depuis une plante sauvage.

Un second extrait d’une magnifique lettre de Najat el Hachmi

Je me rappelle la première fois que j’ai dit à quelqu’un que je voulais être écrivain.  « Toi ? » J’ai dû m’habituer à ce genre de réaction de surprise immédiate. « Oui, moi », ai-je appris à dire, et il me faut encore le répéter aujourd’hui : « Oui, je suis écrivain. »  « Mais … tu ne fais rien d’autre à coté ? Tu n’as pas de métier ? » « Si, j’ai un métier : je suis écrivain ! »

Mon troisième extrait sera de la lettre de la magnifique Hajar Issami, une lettre dont les mots sont d’une sagesse, d’une simplicité complexe … une lettre très intelligemment écrite par une fille qui pourrait paraître sage, mais qui est loin de l’être (enfin si .. elle l’est, très sage même, mais très folle).

Ce matin, j’ai ouvert mes yeux de bonne heure, e goût amer dans la bouche, celui de chaque réveil… Oui Abdellah, il est amer le comprimé de la vie, j’en prends chaque matin pour survivre et tu sais que c’est le même calmant prescrit à tout le monde ici. J’ai regardé longtemps le plafond et j’ai eu du mal à me réveiller, j’avais du mal à sentir mon corps, j’avais du mal à naître à nouveau, et je pensais déjà à cette journée, une autre de plus. J’ai respiré profondément, je voulais sentir l’air de cette journée pour que je puisse me familiariser avec elle.

Un autre extrait de la très belle lettre de la très belle Sanaa El Aji.

Révolte-toi, ma chère enfant. Révolte-toi contre ceux qui veulent entraver ta liberté. Ta liberté et la mienne leur font peur. Mais sais-tu pourquoi ? S’ils redoutent tant notre liberté, c’est parce qu’elle met au jour leurs secrets et leurs faiblesses. S’ils haïssent tant notre liberté, c’est parce qu’elle les condamne à toujours plus de standardisation, afin de préserver leur identité factice au détriment de leur identité véritable.

« Le Maroc est ainsi ».

On dit souvent qu’on laisse le meilleur pour la fin, je ne vais pas le confirmer cette fois-ci, mais je ne compte surtout, mais alors surtout pas le nier.

Voici la dernière lettre dans le bouquin, la lettre écrite par Abdellah Taïa à son neveu : Le Chaouche

Je me suis relevé. Je l’ai regardé. Un corps grand, étranger, allongé sur un tapis rouge. Je le voyais sans savoir qui il était, sans le reconnaître. Il était muet. Il ne respirait plus. Ses yeux étaient ouverts : ils voyaient ailleurs. Où ?

J’ai arrêté le temps. J’ai arrêté mon cœur.

Je suis devenu fou. J’ai voulu arracher mes vêtements. Je l’ai fait. Et, comme ma mère, j’ai crié. J’ai hurlé. J’ai pleuré sans larmes.

Ce n’étais pas lui que je pleurais.

C’était moi.

P.S : Elles sont belles les lettres dans le roman toutes belles (ou presque) … Pour tous ceux qui ne l’ont toujours pas lu, ils peuvent toujours laisser un commentaire

Musique : The Pussycat Dolls – Tainted Love


3 réflexions sur “Lettres à un Jeune Marocain

  1. a vrai dir, jai pas encor lu le livre. mais aprés les extraits que je viens de lire, jai tellement envie!

    vraiment chapeaux 🙂

  2. j’ai lu, le livre mais je n’ai pas autant aimé les lettres que par ta propres idéologie Hicham, tu vois les phrases autrement…je crois que je dois réviser ma lecture 🙂

  3. Je ne croyais pas que ce premier passage t’a plu, vu que ça commence trés soft :).
    et ce n’est pas les photos de moi qui manque ! dire que je suis folle ne donnes aucune crédibilité au livre :D.

    je dois arrêter de me plaitre mais que peut on faire on a le vice de lA CRITIQUE

    PS: j’aime bien ton blog

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